C’est communément admis aujourd’hui: notre état émotionnel influence très souvent la manière dont nous mangeons. Dans une société qui stigmatise certaines émotions comme mauvaises, manger devient souvent une façon de se remplir, de faire le vide dans sa tête, d’anesthésier ses ressentis, d’oublier en quelque sorte une partie de ce qu’on vit et de ce qui dérange.

L’alimentation devient donc pour certains d’entre nous un allié précieux, un complice loyal, permettant de gérer nos émotions sur le moment, pour calmer le flot de pensées qui nous submerge, les ressentis inconfortables qui se manifestent, un mal-être palpable mais indicible.

La frustration, la colère, la tristesse, la déception, l’insatisfaction… autant de raisons pour se tourner vers la nourriture et éviter de se tourner vers l’intérieur pour accueillir, comprendre et accepter ce qui se passe en nous. Parce qu’on a peur, parce qu’on ne pense pas en être capable, parce qu’on ne sait pas comment faire…

Et pourtant “se nourrir est un acte sacré”. Un acte sacré puisque se nourrir c’est choisir ce qu’on accepte de laisser entrer en soi. Un peu comme des amis qu’on choisirait d’inviter, les aliments devraient être sélectionnés en fonction de ceux qui nous font profondément du bien, sur le moment et pour demain. Ceux qui, au lieu de nous vider de notre énergie, nous enrichissent et nous portent vers ce que nous voulons vraiment.

Une invitation finalement à se nourrir en se faisant du bien non pas quand des émotions inconfortables se présentent mais avant même qu’elles arrivent. Puisque l’alimentation influence elle aussi nos émotions : le choix de ce que nous mangeons impacte la manière dont nous dormons, nous pensons, nous ressentons, nous vivons.